• Le 06 novembre 2017

Une étude menée par le Laboratoire de planétologie et géodynamique (LPG – Université de Nantes / Université d’Angers / CNRS) modélise la formation de sources chaudes sous la croûte glacée d’Encelade, l’une des lunes de Saturne. Une activité hydrothermale jamais expliquée qui accentue la thèse d’un monde potentiellement habitable et fournit le contexte pour une possible émergence d’une forme de vie sur cette lune. Les résultats de cette étude ont été publiés lundi 6 novembre 2017 dans Nature Astronomy.

Encelade : des sources chaudes réchauffent l’océan glacéLa mission Cassini a permis d'analyser la composition des jets de vapeur d’eau et de grains de glace émis par Encelade à sa surface glacée. Outre de l’eau, les scientifiques ont également décelé des traces de sel et des grains nanométriques de silice suggérant la circulation d’eau chaude (90°) dans le noyau rocheux.

"L’origine de la puissance permettant à Encelade de demeurer active était jusque-là une énigme", souligne Gaël Choblet, chercheur CNRS au Laboratoire de planétologie et géodynamique (LPG) et premier auteur de l’étude. "Nous éclairons aujourd’hui ce mystère en soulignant le rôle clé de l’intérieur le plus profond de la lune de Saturne. C’est la structure particulière du noyau rocheux – poreux - qui permet la production de cette énergie. L’eau froide de l’océan s’infiltre dans le noyau, se réchauffe en circulant à travers les grains de roche malaxés par les marées, puis remonte à la surface sous la forme de courants chauds."


Le phénomène explique la création de points chauds au niveau du plancher océanique d’Encelade, coïncidant avec les régions où la croûte de glace est  la moins épaisse. "Nos simulations expliquent à la fois l’existence d’un océan à grande échelle engendré par le transport de chaleur de l’intérieur vers la surface d’Encelade et la concentration de l’activité dans une zone relativement étroite au niveau du pôle sud", explique Gabriel Tobie, chercheur CNRS au LPG et co-auteur de l’étude.

De futures missions capables d’analyser les molécules organiques émises depuis l’océan d’Encelade seraient en mesure d'évaluer si de telles sources hydrothermales ont permis l’émergence d’une vie primitive.