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Etude de thèse sur l’utilisation de l’anglais pour la recherche et l’enseignement à la Faculté des Sciences et des Techniques et Polytech Nantes.

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Alexandra Reynolds (enseignante en anglais à la Faculté des Sciences et des Techniques et Directrice Adjointe du Service Universitaire des Langues) vient de soutenir sa thèse à l'University of Sussex. Cette thèse de sociolinguistique analyse les postures des enseignant(e)s-chercheurs(euses) francophones vis-à-vis de l’utilisation de l’anglais dans l’enseignement supérieur. Elle a utilisé comme terrain de recherche la Faculté des Sciences et des Techniques et Polytech Nantes.

L'étude d'Alexandra Reynolds se place dans le contexte postérieur à la loi Fioraso de 2013, qui voit la France s'inscrire dans le processus d'internationalisation des universités en Europe (Cots et al. 2014, Doiz et al. 2013, Ferguson et al. 2011, Tange 2010.).
Elle confirme qu'au lieu de s'engager dans une tendance multilingue, le terme "internationalisation" sous-entend "l'anglophonisation" de l'enseignement supérieur européen. Elle s'inscrit aux études montrant que l'anglais est un instrument clef des identités des enseignants(es)-chercheurs(euses) en Europe (Werther et al. 2014, Soren 2013, Airey 2011, Phillipson 1992.).

Une approche qualitative a été utilisée par le biais de méthodes complémentaires (questionnaires, entretiens, créations visuelles et observations de cours enseignés en anglais). A l'Université de Nantes, 164 enseignants(e)s-chercheurs(euses) des sciences de la nature et de l'ingénieur (Faculté des Sciences et des Techniques / Polytech Nantes) ont été interrogés.
Leurs récits sont analysés pour savoir comment ils et elles se positionnent par rapport à l'utilisation de l'anglais professionnel ; pour la rédaction d'articles scientifiques, les communications lors de conférences, et l'enseignement de matières scientifiques en anglais (l'EMILE : Enseignement d'une matière par l'intégration d'une langue étrangère.).

Les divisions majeures concernant l'attitude envers l'utilisation de l'anglais comme langue vecteur universitaire en France sont liées à la légitimité et l'autorité de l'universitaire français(e), locuteur de l'anglais, au sein de la communauté scientifique internationale. Les principales problématiques sont fondées sur les croyances concernant l'appropriation de l'anglais - à savoir s'il est possible pour ces locuteurs non-natifs de pouvoir s'identifier autrement qu'en tant qu' « apprenant de l'anglais », malgré les preuves successives de leur expertise en langue anglaise. 

L'étude conclut que l'anglais au sein de l'enseignement supérieur en France en 2016 est d'abord un outil stratégique pour accéder aux communautés de la recherche et de l'enseignement.   L'anglais ne pourra devenir une langue d'appartenance qu'après l'émergence d'une identité bilingue chez les enseignants(e)s-chercheurs(euses) français engagés dans la compétition mondiale de l'enseignement supérieur et de la recherche.



Les recommandations de la thèse d'Alexandra Reynolds sur le terrain de l'Université de Nantes sont les suivantes :
  • L'application et la définition de  « l'internationalisation » à l'université de Nantes selon les modèles d'éducation bilingues (Garcia 2009). Dans le cas de l'université de Nantes, les enseignants et les étudiants doivent être reconnus en tant que locuteurs Français - Anglais bilingues.
  • Les observations d'enseignements dits EMILE (l'Enseignement d'une Matière par l'Intégration d'une Langue Etrangère) et EMI (English as a Medium of Instruction) à l'université de Nantes confirment les pratiques bilingues des participants. Les enseignants et les étudiants utilisent l'anglais et le français pendant ces enseignements en accord avec les pratiques « translangues » de locuteurs bilingues (Creese and Blackledge 2015, Busch 2012, 2014, Wei 2011).
  • La valorisation de l'anglais dit  « international » et  « scientifique » dans les contextes de la recherche et l'enseignement dans des milieux ELF (English as a Lingua Franca) où l'anglais est utilisé comme une langue d'échange pour des utilisations spécifiques menées par des spécialistes.
  • Un soutien aux enseignants et aux étudiants de l'université de Nantes pour développer leurs capacités au sein d'une éducation dite "bilingue émergente" :

Mis à jour le 1 février 2017 par Laetitia LAMARRE